Sentier de randonnée pédestre

 

Nimes le Vieux

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Mis à jour le 08-12-2000

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Sentier de Nimes le Vieux

 > Causse Méjean...

Entre l'Hom et Gally


Le sentier de Nîmes-le-Vieux, accessible à partir du Col du Perjuret, offre en 4,5 km à peine un raccourci des impressions multiples que peut faire naître le paysage du Causse Méjean: des croupes caillouteuses et arides, quelques cuvettes de terres profondes redessinées par le trait sinueux des charrues, des corniches qui se dressent en rempart devant le gouffre des vallées et des étendues de rochers déchiquetés dont les formes captivent le visiteur par leur pouvoir d'exciter l'imaginaire.


Nimes-le-Vieux (Causse Méjean) - Copyright: JL.Meissonnier


Inscrit en zone centrale du Parc NationaI des Cévennes, le site ruiniforme de Nîmes-le-Vieux a été baptisé ainsi, en 1908, par son "découvreur", Paul Arnal, pasteur à Vébron. En 1910 Ia revue Causses et Cévennes publiait un article du grand géographe E.A. Martel, consacré au site: "Des hameaux du Veygalier et de l'Hom jusqu'à la Borie de Galy et à Ia Fontaine d'Aures, (il) se développe à l'altitude moyenne de 1100 m sur près de 4 km d'étendue. Ce n'est pas comme à Montpellier-Ie-Vieux, un groupement d'enceintes closes (profondes de 100 m) ciselées autour d'un massif rocheux central, mais un front de falaises, un ressaut de la surface du Causse Méjean, qui présente une grande longueur de demi-cirques, tout hérissés de centaines de rocs dolomitiques, troués, taillés, sculptés..."

Le relief ruiniforme résulte de la dissolution de la roche, laissant en place les parties les plus résistantes et leur donnant les formes les plus variées. Les parties actuellement en creux ont subi la dissolution la plus intense créant par endroits de véritables arches, des voûtes, et parfois de petites gorges. Depuis que les Causses ont émergé des mers de l'ère secondaire, l'eau chargée en acide carbonique provenant des basses couches de l'atmosphère, pénètre dans la roche par les fractures dont elle est découpée et l'imprègne en profondeur, facilitant ainsi son attaque.


Un voyage dans l'imaginaire:

Campés, couchés, déjetés, grotesques, ricanants, les rochers résultant de cette érosion ont frappé l'imagination des habitants du Causse depuis la nuit des temps. La tradition locale dénomme certains rochers de manière suggestive: l'embrasure, l'oulo (la marmite), le rempart… Tandis que la mémoire collective y situe encore les bribes d'un conte issu d'un patrimoine légendaire qui s'efface aujourd'hui peu à peu. C'est l'histoire de la "peau du Diable" dont nous recherchons la fin... Si un connaisseur nous lit, qu'il nous raconte ce qu'il sait!

"C'était dans un cirque de rochers, que je connais bien - je pourrai vous le montrer -. Un soir d'hiver, il y avait de la neige, et un chasseur rentrait chez lui bredouille. Mais à ce moment-là, juste comme il passait dans ce cirque, il voit une forme bizarre, une bête... Il épaule, il tire... Il est sûr d'avoir touché mais l'animal s'en va et il ne le retrouve pas. Quand il rentre chez lui, il trouve sa mère couchée. "Qu'est-ce que tu as? Tu es malade?" Elle ne veut pas répondre et puis finalement, elle lui dit: "Tu le sais ce que j'ai..." Et il comprend que c'est sur elle qu'il a tiré. Et elle lui raconte tout. Elle sortait - pourquoi je n'en sais plus rien - avec la peau du Diable... C'était une sorte de Loup-garou. Cette peau, elle lui dit: "II te faut aller l'enterrer, qu'on n'en parle plus..." Elle la tenait cachée derrière la pierre de la cheminée. Et lui l'a trouvée, derrière cette pierre, il l'a prise et il est allé l'enterrer dans les rochers de Nîmes-le-Vieux. C'était la peau du Diable. Cette histoire on nous l'a racontée quand nous étions jeunes, mais aujourd'hui je l'ai à peu prés oubliée...(Témoignage recueilli sur le Causse Méjean).



Un site exceptionnel:

Oubliez les frissons des peurs enfantines, si proches du plaisir de savourer la rassurante intimité du foyer où le conte se déroule, et prenez le chemin qu'empruntaient autrefois les boeufs qu'on menait paître. Il vous conduira dans l'histoire du paysage jusqu'au passé plus récent où le Causse vivait encore au rythme des chars à boeufs et vous fera découvrir un milieu naturel et humain très exceptionnel.

D'après Claude Métra, écrivain, "le Causse est la demeure privilégiée de cette nostalgie, un pont jeté entre le ciel et la terre, et où circulent des voix qui viennent les unes des étoiles, les autres des gouffres..." C'est cette communion entre les éléments, entre la pierre et l'arbre, entre l'eau et l'animal, dont la nostalgie imprègne le paysage et que traduit peut-être la mystérieuse Chanson du Bouvier (cf. panneau 7). Son refrain module sur les voyelles de l'alphabet (auxquelles les civilisations antiques attribuaient la valeur d'une incantation) le "nom divin qui ne se prononce pas"...

Le Bouvier n'est-il pas aussi l'ancien nom de la constellation d'Arcturus qui est auprès de la Grande Ourse et paraît suivre le chariot, dans l'infini de l'espace, comme un bouvier suit ses boeufs...


Un parcours en 7 étapes:

Les panneaux sont numérotés de 0 (panneau de départ) à 7, en partant de I'Hom. Le parcours peut également s'effectuer en partant de Gally.
Durée de la promenade: 1h30.


Panneau 0:
Nîmes-le-Vieux, un itinéraire au coeur des rochers de dolomie


Sur la trace du bouvier et de ses boeufs, parcourez Nîmes-le-Vieux, le plus bel ensemble de rochers ruiniformes du Causse Méjean...
Mais avant de partir, votre guide doit ferrer ses boeufs au ferradou... Ensuite, suivez sa trace sur le "chemin des boeufs" et écoutez l'écho de sa chanson...
Quand le bouvier vient de labourer... (chanson traditionnelle d'Occitanie),
cf. panneau n° 7.


Panneau 1:
Un paysage "fait main"


Ce premier panneau explique aux promeneurs les grandes lignes du paysage qu'il découvre, en rapport avec les modes de vie agricole et pastorale qui ont modelé ces terres, en fonction de leur nature écologique.


Panneau 2:
Fardadets des buissons et des rochers...


Des oiseaux, aussi légers que des lutins et aussi prompts à disparaître, trouvent ici abri et nourriture. Cette deuxième halte permet de découvrir le Faucon crécerelle, le Traquet motteux, le Merle de roche, l'Alouette lulu et la Pie grièche écorcheur dans les milieux qu'ils fréquentent.


Panneau 3:
Une goutte, du temps, un gouffre

Lapiès, doline, grotte et aven, autant de noms mystérieux attachés aux reliefs karstiques, aux espaces modelés par les calcaires dolomitiques et par l'érosion millénaire...


Panneau 4:
Entre deux mondes

Cette quatrième étape permet d'apercevoir la frontière entre deux mondes. Celui, forestier, de l'Aigoual et celui, plus aride, du Causse, reliés par la vieille piste des transhumants (la draille).


Panneau 5:
A l'abri

Vous découvrirez ici l'une de ces multiples micro-oasis présentes sur le Causse dénudé, lorsque de petites litières de sol et de feuilles parviennent à retenir un peu d'humidité à l'abri des rochers. Tout un univers de vie s'y développe discrètement.


Panneau 6:
A l'assaut

Même sur la roche nue, la vie végétale parvient à s'accrocher et à développer des milieux de plus en plus riches pour des espèces de plus en plus exigeantes: des lichens aux plantes à fleurs c'est la grande aventure de la vie végétale depuis le substrat minéral le plus sec...


Panneau 7:
Quand le bouvier...

Quand le bouvier vient de labourer
Il plante son aiguillon
Il trouve sa femme au coin du feu
Toute attristée.
Si tu es malade, dis-le moi
Je te ferai un potage
Avec une rave et un petit choux
Une alouette maigre.
Quand je serai mort enterre-moi
Au fin fond de la cave
Les pieds tournés vers le mur
La tête sous la petite tonne
Les pèlerins qui passeront
Prendront de l'eau bénie
Ils diront un Pater et un Ave
Pour la pauvre Bernada
Qui est allée au paradis
Au ciel avec ses chèvres.

refrain: A... E... I... O... U...


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